25 juin 2026
Le contrat de collaboration infirmière : tout ce qu'il faut savoir
Le contrat de collaboration est l'un des montages juridiques les plus utilisés entre infirmiers libéraux. Il permet à un infirmier titulaire (le « collaborant ») d'exercer son activité au sein d'un cabinet sans en être salarié, tout en bénéficiant d'une patientèle et d'une infrastructure existantes. Bien rédigé, il offre flexibilité et protection à chacune des parties.
Qu'est-ce qu'un contrat de collaboration ?
Le contrat de collaboration est un accord par lequel un infirmier libéral titulaire d'un cabinet met à disposition d'un confrère (le collaborateur) ses locaux, son matériel et éventuellement une partie de sa patientèle, en échange d'une redevance.
Le collaborateur exerce à titre libéral, sous son propre numéro ADELI, et établit ses propres feuilles de soins. Il est donc pleinement indépendant sur le plan administratif et déontologique. La relation n'est pas une relation de subordination : ce n'est pas un contrat de travail.
Les mentions obligatoires
Depuis l'ordonnance du 26 juin 2018 et les textes afférents, un contrat de collaboration entre infirmiers libéraux doit mentionner :
- L'identité des parties : noms, prénoms, numéros ADELI, adresses professionnelles.
- L'objet du contrat : description précise des conditions de la collaboration (locaux partagés, patientèle partagée ou non, matériel mis à disposition).
- La durée : déterminée ou indéterminée, avec possibilité d'une période d'essai.
- La redevance : son montant ou son mode de calcul, ainsi que les modalités de paiement.
- Les conditions de rupture : préavis, motifs légitimes de résiliation.
- La clause de non-installation : très fréquente, elle précise les conditions dans lesquelles le collaborateur peut s'installer à son compte après la fin du contrat (délai, périmètre géographique). Cette clause doit rester raisonnable et proportionnée.
Le contrat doit être soumis pour avis au Conseil départemental de l'Ordre des infirmiers avant sa signature.
La redevance : comment la calculer ?
La redevance est librement négociée entre les parties. Elle peut être fixée :
- En pourcentage du chiffre d'affaires du collaborateur (méthode la plus courante).
- En montant forfaitaire mensuel, indépendamment de l'activité réalisée.
- De façon mixte : forfait de base plus part variable.
Le montant doit refléter la valeur réelle des prestations mises à disposition : loyer, charges, assurances, matériel, frais de gestion. Une redevance excessive pourrait être requalifiée par l'Urssaf ou considérée comme abusive.
Les droits du collaborateur
Le collaborateur libéral conserve son entière indépendance professionnelle et déontologique. Il ne peut pas être soumis à des consignes de soins ou à des directives de la part du titulaire.
Il peut, sauf clause contraire, développer sa propre clientèle en dehors des heures et conditions de la collaboration. Il cotise à ses propres caisses (CARPIMKO, URSSAF) et émet ses propres factures.
Les obligations du titulaire
Le titulaire du cabinet doit :
- Mettre à disposition les locaux et le matériel dans un état permettant l'exercice normal de l'activité.
- Respecter l'indépendance professionnelle du collaborateur.
- Ne pas imposer des horaires ou des conditions assimilables à un lien de subordination.
En cas de manquement grave, le collaborateur peut résilier le contrat sans préavis.
Quand préférer la collaboration à la cession ?
La collaboration peut précéder une cession : elle permet au repreneur potentiel de tester la patientèle et l'environnement avant un engagement financier. Pour le titulaire, c'est une façon de préparer sa transition tout en maintenant son activité.
Certains praticiens choisissent également la collaboration comme modèle pérenne, notamment en milieu urbain où deux ou trois infirmiers partagent un cabinet pour mutualiser les charges sans jamais procéder à une cession formelle.
Conclusion
Le contrat de collaboration est un outil souple et protecteur, à condition qu'il soit rédigé avec soin et soumis à l'Ordre avant signature. N'hésitez pas à faire appel à un avocat spécialisé en droit de la santé ou à votre syndicat professionnel pour vous accompagner dans sa rédaction.